Éducation

Comment savoir si mon enfant rencontre des difficultés d’apprentissages ?

Sur le site de Plume, on nous demande souvent si notre plateforme est adaptée aux enfants dyslexiques ou même dyspraxiques. Oui, mille fois oui. L’intérêt de l’outil numérique réside dans ses fonctionnalités pour mettre en situation de réussite tous les enfants. Beaucoup de parents et maîtresses témoignent en effet du fait que grâce à l’outil, des enfants habituellement “bloqués” dans la production d’écrits sont capables de rédiger des histoires entières.

Je ne parlerai pas ici de la dyspraxie mais plus particulièrement de la dyslexie et de la dysgraphie que j’ai pu observer de près dans mes classes et pour lesquelles j’ai été longuement formée lors de mon master de psychologie clinique.

Cet article est donc assez long et peut-être un peu technique; c’est parce que je pense qu’il faut parler avec précision et honnêteté des troubles qui touchent nos élèves.

Les troubles des apprentissages : de quoi parle-t-on ?

Les troubles des apprentissages sont des “troubles hétérogènes du développement” dans lesquels l’acquisition de la lecture, de l’écriture est perturbée dès les premières étapes de la scolarité. Les difficultés ne sont pas expliquées par des raisons intellectuelles ou sociales ou par une scolarité inadéquate.

On reconnaît habituellement trois troubles majeurs des apprentissages (DSM-IV) : le trouble de la lecture, le trouble de l’expression écrite et le trouble du calcul. Le trouble de la lecture est le plus commun, représentant environ 80% des troubles dans ce domaine. Les troubles des apprentissages se recoupent, en particulier ceux de la lecture et de l’écriture.

Pour autant, la nature, la définition et la classification de ces troubles sont parmi les sujets les plus controversés de la psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent.

  • En réalité, on manque d’instruments permettant de diagnostiquer tôt et de manière fiables les troubles des apprentissages notamment parce qu’il est difficile de déterminer clairement ce qu’ils sont censés mesurer. Les manifestations de ces troubles sont, de plus, extrêmement hétérogènes.
  • Le trouble de la lecture ou dyslexie est celui qui a fait le plus l’objet de recherches et dont les manifestations sont les plus connues.
  • Le trouble de l’expression écrite ou dysgraphie, tout comme le trouble du calcul ou dyscalculie sont moins connus.

L’état actuel des connaissances d’un trouble de la lecture ou de l’écriture (dyslexie ou dysgraphie)

amas de lettres dans un bol

Dans l’état actuel des connaissances, le diagnostic d’un trouble de lecture ou d’écriture ou même du calcul ne reflète que de manière approximative les difficultés spécifiques de l’enfant concerné ; en réalité, il est peu probable que les systèmes de classification reflètent adéquatement que les enfants manifestent lorsqu’ils apprennent à lire, à écrire et la façons dont ces derniers sont décrits sont étroitement liés aux domaines d’acquisition du système scolaire. Les acquisitions scolaires ne procèdent pas en réalité de trois domaines distincts, c’est bien plutôt un processus global.

Les troubles des apprentissages doivent apparaître dans les premières années pour être diagnostiqués. La difficulté est que ces troubles peuvent refléter un contexte familial ou pédagogique inadéquat mais il est pratiquement impossible de déterminer avec précision l’origine des difficultés qu’il présente. Cette situation est compliquée par le fait que certaines méthodes d’enseignement de la lecture, de l’écriture ou du calcul peuvent convenir plus à certains enfants qu’à d’autres (Berninger et Wolf, 2009).

Enfin, difficile de ne pas évoquer le contexte social qui fait de la réussite scolaire un des buts principaux de la réussite des enfants. le succès à l’école est considéré par certain comme un gage de valeur personnelle de l’enfant -et de ses parents-.

Ce qui devrait nous alerter à propos des troubles de l’apprentissage de la lecture ou dyslexie, de l’écriture ou dysgraphie, du calcul ou dyscalculie :

  • Dyslexie : Contrairement à une idée très répandue, la transposition de lettres ou de mots n’est pas le signal d’appel de la dyslexie mais un phénomène développemental fréquent parmi les enfants qui apprennent à lire. L’enfant présente une difficulté à déchiffrer, reconnaître, manipuler les mots, à lire couramment et à comprendre ce qui est lu.
  • Dysgraphie : difficultés particulières à écrire à la main, problème de vocabulaire, d’orthographe et de composition écrite.
  • Dyscalculie : Difficultés particulières à effectuer des opérations de base et à résoudre des problèmes mathématiques.

Dans chaque cas, ces difficultés interfèrent avec les progrès scolaires et ne s’expliquent pas par un déficit intellectuel, sensoriel ou neurologiques (APA, 2000; OMS, 1993). Certaines variables comme la richesse du vocabulaire, la mémoire de travail sont des facteurs prédictifs en ce qui concerne les potentielles difficultés en lecture et en écriture.

Signaux d’alerte de la dyslexie :

  • Votre enfant a une mémoire de travail limitée : par exemple, il a du mal à suivre des instructions comprenant plus d’une ou deux étapes;
  • Il s’exprime parfois avec peine, il cherche ses mots.
  • Il acquiert avec difficulté un large vocabulaire.

Signaux d’alerte de la dysgraphie :

L’expression écrite, tout comme la lecture, dépend de capacités multiples comme l’attention, la coordination visuelle et motrice, le vocabulaire, la grammaire, l’orthographe… Il n’est donc pas étonnant que les enfants présentant un trouble de l’expression écrite  constituent un groupe très hétérogène.

Globalement, les élèves qui “écrivent bien” ont une vue globale de ce qu’ils cherchent à accomplir et sont ainsi capables d’intégrer les différents aspects de la tâche demandée; à l’inverse, les élèves en difficultés ont du mal à appréhender les attentes du lecteur, à articuler les attentes en termes d’orthographe, de grammaire, à intégrer les différentes contraintes de la consigne de la rédaction. Le résultat est typiquement un texte court, mal organisé. Les idées y sont peu développées et difficiles à suivre; les règles de langue sont souvent ignorées.

Sur le site de Plume, on nous demande souvent si notre plateforme est adaptée aux enfants dyslexiques ou même dyspraxiques. Oui, mille fois oui. L’intérêt de l’outil numérique réside dans ses fonctionnalités pour mettre en situation de réussite tous les enfants. Beaucoup de parents et maîtresses témoignent en effet du fait que grâce à l’outil, des enfants habituellement “bloqués” dans la production d’écrits sont capables de rédiger des histoires entières.

Je ne parlerai pas ici de la dyspraxie mais plus particulièrement de la dyslexie et de la dysgraphie que j’ai pu observer de près dans mes classes et pour lesquelles j’ai été longuement formée lors de mon master de psychologie clinique.

Cet article est donc assez long et peut-être un peu technique; c’est parce que je pense qu’il faut parler avec précision et honnêteté des troubles qui touchent nos élèves.

Les troubles des apprentissages : de quoi parle-t-on ?

Les troubles des apprentissages sont des “troubles hétérogènes du développement” dans lesquels l’acquisition de la lecture, de l’écriture est perturbée dès les premières étapes de la scolarité. Les difficultés ne sont pas expliquées par des raisons intellectuelles ou sociales ou par une scolarité inadéquate.

On reconnaît habituellement trois troubles majeurs des apprentissages (DSM-IV) : le trouble de la lecture, le trouble de l’expression écrite et le trouble du calcul. Le trouble de la lecture est le plus commun, représentant environ 80% des troubles dans ce domaine. Les troubles des apprentissages se recoupent, en particulier ceux de la lecture et de l’écriture.

Pour autant, la nature, la définition et la classification de ces troubles sont parmi les sujets les plus controversés de la psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent.

  • En réalité, on manque d’instruments permettant de diagnostiquer tôt et de manière fiables les troubles des apprentissages notamment parce qu’il est difficile de déterminer clairement ce qu’ils sont censés mesurer. Les manifestations de ces troubles sont, de plus, extrêmement hétérogènes.
  • Le trouble de la lecture ou dyslexie est celui qui a fait le plus l’objet de recherches et dont les manifestations sont les plus connues.
  • Le trouble de l’expression écrite ou dysgraphie, tout comme le trouble du calcul ou dyscalculie sont moins connus.

L’état actuel des connaissances d’un trouble de la lecture ou de l’écriture (dyslexie ou dysgraphie)

Dans l’état actuel des connaissances, le diagnostic d’un trouble de lecture ou d’écriture ou même du calcul ne reflète que de manière approximative les difficultés spécifiques de l’enfant concerné ; en réalité, il est peu probable que les systèmes de classification reflètent adéquatement que les enfants manifestent lorsqu’ils apprennent à lire, à écrire et la façons dont ces derniers sont décrits sont étroitement liés aux domaines d’acquisition du système scolaire. Les acquisitions scolaires ne procèdent pas en réalité de trois domaines distincts, c’est bien plutôt un processus global.

Les troubles des apprentissages doivent apparaître dans les premières années pour être diagnostiqués. La difficulté est que ces troubles peuvent refléter un contexte familial ou pédagogique inadéquat. De plus, il est pratiquement impossible de déterminer avec précision l’origine des difficultés qu’il présente. Cette situation est compliquée par le fait que certaines méthodes d’enseignement de la lecture, de l’écriture ou du calcul peuvent convenir plus à certains enfants qu’à d’autres (Berninger et Wolf, 2009).

Enfin, difficile de ne pas évoquer le contexte social qui fait de la réussite scolaire un des buts principaux de la réussite des enfants. Le succès à l’école est considéré par certain comme un gage de valeur personnelle de l’enfant -et de ses parents-.

Un petit garçon devant un cahier semble apeuré et ne peut pas s'exprimer.

Ce qui devrait nous alerter à propos des troubles de l’apprentissage de la lecture ou dyslexie, de l’écriture ou dysgraphie, du calcul ou dyscalculie :

  • Dyslexie : Contrairement à une idée très répandue, la transposition de lettres ou de mots n’est pas le signal d’appel de la dyslexie mais un phénomène développemental fréquent parmi les enfants qui apprennent à lire. L’enfant présente une difficulté à déchiffrer, reconnaître, manipuler les mots, à lire couramment et à comprendre ce qui est lu.
  • Dysgraphie : difficultés particulières à écrire à la main, problème de vocabulaire, d’orthographe et de composition écrite.
  • Dyscalculie : Difficultés particulières à effectuer des opérations de base et à résoudre des problèmes mathématiques.

Dans chaque cas, ces difficultés interfèrent avec les progrès scolaires et ne s’expliquent pas par un déficit intellectuel, sensoriel ou neurologiques (APA, 2000; OMS, 1993). Certaines variables comme la richesse du vocabulaire, la mémoire de travail sont des facteurs prédictifs en ce qui concerne les potentielles difficultés en lecture et en écriture.

Signaux d’alerte de la dyslexie :

  • Votre enfant a une mémoire de travail limitée : par exemple, il a du mal à suivre des instructions comprenant plus d’une ou deux étapes;
  • Il s’exprime parfois avec peine, il cherche ses mots.
  • Il acquiert avec difficulté un large vocabulaire.

Signaux d’alerte de la dysgraphie :

L’expression écrite, tout comme la lecture, dépend de capacités multiples comme l’attention, la coordination visuelle et motrice, le vocabulaire, la grammaire, l’orthographe… Il n’est donc pas étonnant que les enfants présentant un trouble de l’expression écrite  constituent un groupe très hétérogène.

Globalement, les élèves qui “écrivent bien” ont une vue globale de ce qu’ils cherchent à accomplir et sont ainsi capables d’intégrer les différents aspects de la tâche demandée; à l’inverse, les élèves en difficultés ont du mal à appréhender les attentes du lecteur, à articuler les attentes en termes d’orthographe, de grammaire, à intégrer les différentes contraintes de la consigne de la rédaction. Le résultat est typiquement un texte court, mal organisé. L’élève y développe peu ses idées et il est difficile à suivre; Il ignore souvent les règles de langue.

Signaux d’alerte du trouble de la dyscalculie :

Ce trouble atteint les enfants qui ont des difficultés à acquérir les bases nécessaires au calculs et à s’en souvenir pour y avoir accès plus ou moins automatiquement. Leurs difficultés sont principalement verbales, ils comptent avec peine, surtout mentalement, maîtrisent mal les symboles et les opérations arithmétiques. Ils acquièrent souvent péniblement les tables de multiplications qu’ils ne savent souvent pas utiliser.

D’autres enfants font des erreurs de procédure dans la manipulation de données mathématiques, dans le raisonnement. Leurs difficultés sont plutôt non verbales.

Les points essentiels à propos des difficultés des apprentissages :

  • On ne perd pas de vue que quel que soit le domaine ciblé (lecture, écriture, calcul) le diagnostic d’un trouble des apprentissages manque de précision et ne reflète que partiellement les difficultés spécifiques de l’enfant concerné.
  • Les troubles des apprentissages sont souvent associés.
  • Les enfants sont souvent très conscients de leurs difficultés et cela vient alimenter leur faible confiance en eux et en leurs compétences. Il faut donc enrayer ce cercle vicieux, ce qui n’est pas aisé pour nous parents ou professionnels de l’éducation.
  • Les enfants sont absolument incroyables : j’ai vu dans ma carrière des enfants progresser de manière fulgurante et au-delà des espérances et des prédictions des spécialistes. Ne désespérons jamais et ayons confiance en nos enfants.
  • Les prises en charge sont longues, coûteuses, chronophages; c’est souvent un combat pour les parents (conduites, relances, budget, organisation) mais elles en valent la peine.
  • C’est vous en tant que parents qui connaissez le mieux votre enfant : faites-vous confiance.

Si vous avez un doute, si vous êtes inquiets…

Demandez ce qu’il en pense à l’enseignant de votre enfant. Pas de précipitation cependant : il n’y a pas de trouble de la lecture avant la fin du CE1 même si, pour une obscure raison, on voudrait tous pousser les élèves de CP à lire avant Noël…

Ensuite, vous pouvez vous tourner vers un orthophoniste pour demander un bilan. Attention, les temps d’attente sont extrêmement longs mais ne vous découragez pas.

Signaux d’alerte du trouble de la dyscalculie :

Ce trouble atteint les enfants qui ont des difficultés à acquérir les bases nécessaires au calculs et à s’en souvenir pour y avoir accès plus ou moins automatiquement. Leurs difficultés sont principalement verbales, ils comptent avec peine, surtout mentalement, maîtrisent mal les symboles et les opérations arithmétiques. Ils acquièrent souvent péniblement les tables de multiplications qu’ils ne savent souvent pas utiliser.

D’autres enfants font des erreurs de procédure dans la manipulation de données mathématiques, dans le raisonnement. Leurs difficultés sont plutôt non verbales.

Image d'une petite fille devant des calculs qui semble perdue

Les points essentiels à propos des difficultés des apprentissages :

  • On ne perd pas de vue que quel que soit le domaine ciblé (lecture, écriture, calcul) le diagnostic d’un trouble des apprentissages manque de précision. Il ne reflète que partiellement les difficultés spécifiques de l’enfant concerné.
  • Les troubles des apprentissages sont souvent associés.
  • Les enfants sont souvent très conscients de leurs difficultés. Cela vient alimenter leur faible confiance en eux et en leurs compétences. Il faut donc enrayer ce cercle vicieux, ce qui n’est pas aisé pour nous parents ou professionnels de l’éducation.
  • Les enfants sont absolument incroyables : j’ai vu dans ma carrière des enfants progresser de manière fulgurante et au-delà des espérances et des prédictions des spécialistes. Ne désespérons jamais et ayons confiance en nos enfants.
  • Les prises en charge sont longues, coûteuses, chronophages; c’est souvent un combat pour les parents (conduites, relances, budget, organisation) mais elles en valent la peine.
  • C’est vous en tant que parents qui connaissez le mieux votre enfant : faites-vous confiance.

Si vous avez un doute, si vous êtes inquiets…

Demandez ce qu’il en pense à l’enseignant de votre enfant. Pas de précipitation cependant : il n’y a pas de trouble de la lecture avant la fin du CE1 même si, pour une obscure raison, on voudrait tous pousser les élèves de CP à lire avant Noël…

Ensuite, vous pouvez vous tourner vers un orthophoniste pour demander un bilan. Attention, les temps d’attente sont extrêmement longs mais ne vous découragez pas.